L’odorat et récompenses sensorielles retrouvées

L’odorat et récompenses sensorielles retrouvées

Tadoro les récompenses sensorielles ravivées

Avant de saisir la portée de l’odorat et de récompenses sensorielles, il serait utile de prendre un certain recul. Prendre le pouls de nos sens.

J’aime qualifier l’odorat de sens radar, auquel j’associe aussi l’ouïe. Ces sens sont moins souvent dirigés par notre volonté que le sont les yeux, le toucher et le goûter. On dirige nos yeux, on leur donne l’ordre de se poser ici et là dans l’ensemble des gestes de notre quotidien. Il en va de même pour le toucher, pour tâter une tasse afin de ne pas se brûler les doigts, l’hiver pour s’assurer que le volant ne nous glacera pas les doigts. À la différence de l’odorat et de l’ouïe, nous sommes dans une attitude directive avec ces sens dans le but d’effectuer des tâches et des actions.

Dans le cas de l’ouïe et de l’odorat, nous sommes plutôt dans une attitude que j’appelle passive-inconsciente. La majeure partie du temps où je dirige de façon consciente l’un ou l’autre de ces deux sens, c’est pour retrouver un état, un confort, une sécurité qui me conviendront mieux. Pour l’ouïe je peux choisir une musique pour couvrir le son du marteau-piqueur, je peux demander aux enfants de faire moins de chahut parce que je compose un texte important ou que le râteau sur le ciment me fait grincer des dents. Nos interactions avec les sens que je qualifie de radar sont donc souvent pour un retour à la normale de confort.

Le grand bouleversement des sens à l’ère industrielle

Lorsque notre mode de vie s’est accéléré avec les différentes étapes de notre développement comme être humain, nos sens se sont adaptés puis développés en fonction des nouveaux défis. On aura beaucoup de facilité à admettre que le passage de l’économie d’agriculture à l’industrialisation contient son lot de changements pour nos sens, dans une période de temps courte, très courte. Passer de la vie en région à une économie industrialisée dans des lieux à forte densité de population est un bouleversement majeur pour tout ce que nous sommes. Non seulement le paysage change, les odeurs sont complètement bouleversée, le bruit des machines obligent des ouvriers à crier pour s’entendre, et les composantes des odeurs changent tout autant, évidemment.

Tadoro les récompenses sensorielles ravivéesBeaucoup d’analystes et de scientifiques remettent en question l’accélération étourdissante de notre progrès et la capacité que nous avons en tant qu’être humain pour nous y adapter. Les accidents de travail dans les premières décennies de l’industrialisation peuvent être attribués en grande partie à la négligence des industriels à protéger les employés, on en conviendra facilement. Mais une partie aussi est attribuable à ce changement trop brusque pour nos sens et notre attention, notre concentration. Nos ancêtres et nous n’avons pu nous adapter adéquatement devant tant de nouveaux stimulus et facteurs sensoriels fréquents et précipités.

Les odeurs chimiques des milieux industriels, les yeux qui piquent, les petites mains des enfants dont le travail était trop souvent d’extraire une pièce qui bloquait un engrenage, tant de nouveautés, il y a à peine un peu plus de 150 ans ! La motricité fine n’était pas autant le quotidien avant les machines de l’ère mécanique. Imaginons maintenant le changement du passage des champs aux mines, du jour à une vie de noirceur où les sens sont complètement bouleversés. Il ne s’agit pas ici de remettre en question l’importance du progrès. Nul ne saurait vouloir revenir à un moment sans appareils auditifs, prothèses de marche, téléphone. Il s’agit plutôt d’admettre que cette évolution précipitée et une adaptation incomplète des individus implique nécessairement des conséquences à considérer. Nous avons, par notre besoin de trouver un confort, conditionné nos sens à agir en ce sens, et comme on ne peut faire taire un sens, nous avons choisi par survie de moins en moins lui apporter d’attention.

Le grand bouleversement de nos sens : l’ère technologique

Si nous prenons tout simplement conscience, avec un esprit un tant soi peu scientifique, de tout ce progrès dans la ligne du temps de notre humanité, on se rend bien compte que le progrès des 150 dernières années n’a rien à voir avec l’adaptation qui était nécessaire aux individus qui nous ont précédés afin de trouver un vrai bien-être. Ne pouvant trouver ce mieux-être dans les conditions de vie imposées, c’est alors qu’on nous a enseigné que la poursuite du mieux-être personnel était une forme de caprice. Nous avons donc pour combler les manques d’adaptation développé des stratégies de survie qui ont impliqué nos sens et comment nous allions les diriger, les contrôler.

Tadoro les récompenses sensorielles ravivéesImaginons maintenant la vitesse avec laquelle l’électronique est venu remplacer la mécanique et donc modifier le mode de vie. Considérons encore une fois la vitesse à laquelle, je le rappelle, l’être humain a dû s’y faire sans pouvoir s’y adapter adéquatement. Nous avons fait un bond dans l’histoire en passant d’une économie industrielle à une économie technologique, passant aussi, pour nos sens, des milieux de travail industriels aux tours de bureaux où le silence n’est brisée que par la bouche de climatisation et les objets déplacés par nos collègues dans les cubicules. La tranche de temps pour nous y adapter : 2 générations, à peine. Bougez vous les sens !

L’exercice auquel nous convie TADORO, c’est de prendre un moment pour observer ce que nous avons désappris, ce auquel nous nous sommes soustraits par la force des choses. Il ne s’agit pas seulement de nous en temps que personne mais de nous en tant que société et donc nos comportements sociaux et attitudes collectives pour s’y adapter.

Quand nous sommes timides devant l’expérience de recommencer à sentir, c’est devant tout le monde et les nouvelles perspectives que nous allons ressentir que nous sommes timides. Nous sommes timides comme l’étaient certains de nos ancêtres de parler de leurs émotions qu’elles et ils avaient mises au silence parce que jugées caprices de l’âme. Non seulement il nous faut apprendre à mieux sentir mais il nous faut aussi prendre plaisir à rechercher ce que nous avons comme mécanisme dans nos vies pour nous empêcher de profiter de toutes ces récompenses sensorielles qui garnissent de joies notre quotidien.

Récompenses sensorielles, de l’exception à les multiplier

J’appelle récompenses sensorielles des gratitudes, satisfactions, directement liées à nos sens pour des actions et des efforts que nous effectuons. Sentir une soupe, une pâtisserie, un sauce que l’on concocte en est l’exemple le plus évident. Apprécier un tableau que l’on vient de peindre, se reculant pour mieux voir. Fermer les yeux pour apprécier le silence quand on a convaincu les 4 plus jeunes d’aller prendre un peu d’air pour jouer, ce sont là les récompenses sensorielles.

À l’ère agricole, travailler le bois, faire son pain, casser le grain, moudre, faire les foins, apprécier le mûrissement des fruits, autant d’activités liées à une récompense sensorielle. On comprend en allant en campagne combien ces récompenses sensorielles sont si présentes qu’elles finissent au gré des jours par devenir l’ambiance, et pour tous les sens. Le paysage plaît au regard, le silence que quelques oiseaux ponctuent nous apaise, les petits fruits sauvages dont on se délecte, la caresse du vent sur notre visage, et les odeurs que porte ce vent, alors que nous fermons les yeux pour systématiquement prendre… une grande inspiration.

Tadoro les récompenses sensorielles ravivéesRestons un moment dans cette description sensorielle passionnante. Prenons-nous la mesure de l’importance pour tout notre corps et notre être de cette inspiration, par le nez, qui nous vient presque comme un réflexe d’apaisement lorsque toutes ces conditions de récompenses sensorielles sont réunies? J’aimerais souligner ici combien nous peinons à nous offrir des moments de méditations où le simple exercice est de nous poser et de respirer alors qu’au chalet, à la maison de campagne, en camping, nous sommes levés tôt, cherchant un moment de solitude pour apprécier ces sons, paysages, cette odeur de café que l’on sirote sur le balcon, attentif aux craquements de la chaise qui nous berce, alors que nous reprenons, les yeux fermés pour apprécier… une lente, longue et profonde inspiration.

Les coffrets TADORO sont ce rendez-vous dont la profonde inspiration est la conclusion heureuse. Certes on ne peut se soustraire aux obligations que notre mode de vie nous imposent. On peut cependant, en pleine conscience de tout ce qui a malmené le pouvoir fantastique de nos sens, choisir de venir à la rencontre de notre odorat, afin de réhabiliter par justice envers soi le bonheur de sentir, pour ressentir.

 

 

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